Deux remises ne s’additionnent pas
La veste est à −30 %, et votre carte de fidélité donne encore −10 %. Ce n’est pas −40 %. La seconde remise se prend sur le prix déjà réduit :
100 × (1 − 0,30) = 70 70 × (1 − 0,10) = 63 ← remise réelle 37 %, pas 40 %
L’écart grandit avec les chiffres. −50 % puis encore −50 %, c’est −75 %, pas gratuit. Les enseignes le savent : « 20 % supplémentaires sur les prix soldés » sonne plus fort qu’il ne vaut. Le tableau ci-dessous donne le chiffre réel pour les paires courantes.
Remonter du prix soldé
« Était à 129, maintenant 90 » — vraiment ? Pour vérifier, divisez le prix soldé par (1 − remise) : 90 / 0,70 = 128,57, les 30 % tiennent. Si le calcul donne un « ancien » prix différent de l’étiquette, le prix de référence a peut-être été gonflé avant les soldes. Dans l’UE, le prix barré doit être le prix le plus bas pratiqué au cours des 30 jours précédents — sur un achat important, la vérification vaut la peine.
Le même chiffre côté vendeur
Une remise paraît petite sur le prix et grande sur le bénéfice. Si un article coûte 60 au magasin et se vend 100, une remise de 20 % retire 20 au prix mais la moitié du bénéfice — de 40 à 20. C’est pourquoi « combien d’unités de plus dois-je vendre pour compenser » est la question à se poser avant toute promotion ; cet article la déroule, et le calculateur de marge donne les chiffres.
Remise, lot, remboursement et démarque sont quatre calculs différents
Une remise se retire du prix que vous auriez payé — l’arithmétique est celle du dessus.
Un lot est une remise déguisée, et le déguisement la flatte le plus souvent. « Trois achetés, un offert » veut dire que vous payez trois et repartez avec quatre : 25 % de remise, pas 33 %. « Trois pour deux » veut dire que vous payez deux et repartez avec trois : 33 %. En rayon, les deux se ressemblent et huit points les séparent.
Un remboursement arrive après l’achat : un code, un virement, un avoir sur la commande suivante. L’économie n’est réelle que si vous la réclamez — et la part de ceux qui ne le font jamais est précisément ce qui la rend préférable, pour le vendeur, à une remise en caisse.
Une démarque part d’un prix de référence et non de ce que vous alliez payer. Toute la question devient donc ce prix de référence — et dans l’UE il est encadré, voir la section suivante.
Le prix qu’un commerçant a le droit de barrer
Annoncer une réduction de prix dans l’UE oblige à indiquer le prix antérieur, défini comme le plus bas appliqué pendant au moins les 30 jours précédents. C’est l’article 6a de la directive sur l’indication des prix, inséré par la directive « omnibus » de 2019, et c’est pourquoi un commerçant ne peut pas monter un prix une semaine puis découvrir une promotion.
Deux conséquences pratiques. Côté acheteur : le nombre barré n’est pas le prix rêvé du vendeur, c’est une affirmation sur les 30 derniers jours — et une affirmation contestable. Côté vendeur : un prix promotionnel bref pratiqué le mois dernier devient la référence de la réduction de ce mois-ci ; planifiez le calendrier, pas seulement le pourcentage.
Les États membres diffèrent sur les détails, notamment pour les réductions progressives et pour les biens présents depuis moins de 30 jours. Le principe, lui, ne varie pas : le prix de référence est un fait sur le passé, pas une décision sur le présent. Ce qu’une remise coûte au commerçant qui l’accorde est encore un autre calcul — voir ce que coûtent vraiment les remises.
Deux remises à la suite
Ce que donnent réellement deux remises cumulées.
| Première remise | + 10% | + 15% | + 20% | + 30% |
|---|---|---|---|---|
| 10% | 19% | 23,5% | 28% | 37% |
| 20% | 28% | 32% | 36% | 44% |
| 25% | 32,5% | 36,3% | 40% | 47,5% |
| 30% | 37% | 40,5% | 44% | 51% |
| 50% | 55% | 57,5% | 60% | 65% |
Questions fréquentes
Oui, si vous en vouliez quatre. Vous payez trois sur quatre, soit 75 % du prix — une remise de 25 %. S’il ne vous en fallait qu’un, l’offre ne vaut rien.
Pour un consommateur, aucune différence : un pourcentage du prix TTC donne le même montant que le même pourcentage du prix HT plus la TVA sur le reste. Les prix en magasin sont TTC, prenez simplement celui de l’étiquette.
Prenez 10 % en décalant la virgule, puis multipliez. 30 % de 85 : 10 % font 8,50, trois fois plus font 25,50, donc le prix soldé est 59,50.
Un peu, si vous en voulez trois. Trois pour deux, c’est 33 % de remise ; « trois achetés, un offert », 25 %. Le piège est la quantité : un lot ne fait économiser que sur ce que vous auriez acheté de toute façon.
Dans l’UE, oui, dès qu’il annonce une réduction — et ce prix antérieur doit être le plus bas pratiqué pendant au moins les 30 jours précédents. Les règles nationales varient dans le détail, notamment pour les biens vendus depuis moins de 30 jours.